Ce matin du 8 juillet, les conversations s’animent autour de trois grandes tables couvertes d’inventaires de matériaux. Maîtrises d’ouvrage, bureaux d’études, entreprises, associations et plateformes de réemploi en provenance de toute la métropole bordelaise, sont venus exposer leurs ressources et besoins en matériaux de réemploi.
Des ressources et des acteurs éclectiques
À la première table, le Collectif Cancan, GCC ou Bouygues Construction présentent des opportunités provenant de futurs chantiers de déconstruction. Ces ressources ne sont pas encore déposées, mais seront disponibles d’ici quelques mois.
L’enjeu est d’anticiper : « Si nous trouvons dès aujourd’hui des repreneurs, nous savons quelles ressources déposer avec le plus grand soin afin qu’elles conservent leur valeur pour un autre bâtiment », explique Octave Boussion du bureau d’étude Neo-eco, spécialisé en économie circulaire. Un moyen de sécuriser les débouchés tout en favorisant une dépose sélective et de qualité.
Quelques mètres plus loin, les opportunités changent de nature avec des fournisseurs spécialisés. La Matériauthèque Ressources met à disposition entre 50 et 2 000 m² de carrelage anti-gaspi (fin de série et/ou fin de stock de distributeurs). Le déconstructeur Valodem propose des pavés pour l’aménagement d’espaces extérieurs qu’il a déposés sur un chantier et stockés sur sa plateforme.
Les Compagnons Bâtisseurs dévoilent leur nouvelle offre, des cuvettes de WC et des lavabos disponibles sur commande. Les besoins émergent rapidement : « J’en ai besoin d’une trentaine pour le premier trimestre 2027 », lance Léa Brachet du bureau d’études Terao. L’accord est trouvé et les modalités seront affinées après l’atelier.
À la troisième table, les regards se portent sur d’autres gisements. Antea Group présente du bardage en acier qui attire l’attention du Bruit du Frigo. Les concepteurs ambitionnent de le détourner en clôture de chantier. Why Architecture repère des sanitaires PMR, des équipements assez rares sur le marché du réemploi. Nobatek se positionne sur des garde-corps barreaudés pour le futur chantier d’Ikos.
Enfin le collectif Réembois, spécialisé dans le réemploi du bois, identifie de nouveaux gisements. En parallèle, il propose des produits issus de ses ateliers de reconditionnement (bardage, ossature…).
Des échanges au-delà des matériaux
Mais l’atelier ne se limite pas aux échanges de matériaux. Les participants partagent aussi leurs retours d’expérience et les solutions techniques qu’ils ont déjà testées sur leurs chantiers.
« Nous avons récupéré des ouvrants de portes de très bonne qualité, mais sans leurs dormants. Nous envisageons de fabriquer ces derniers avec l’Officine du Réemploi afin de limiter l’apport de matériaux neufs », explique Charlie Urrutiguer de la plateforme Solibat. Une idée parmi d’autres qui circule librement entre les participants.
Cet atelier est aussi une occasion de créer de l’interconnaissance et du réseau. « J’ai rencontré de nombreuses personnes qui partagent notre vision de la construction. C’est génial car je ne savais pas que cet écosystème existait ! » exprime l’une des participantes. « Est-il possible de nous partager les téléphones et mails des personnes présentes ? Demande étayée par un engouement collectif, afin de concrétiser les futurs échanges et renforcer les partenariats à moyen terme.
Des résultats concrets pour transformer la manière de construire
Cette dynamique collective se traduit par des résultats concrets. Au total, 178 synergies ont été identifiées lors de cette édition. 18 professionnel·les ont manifesté un intérêt ou leur intention de concrétiser des échanges au bénéfice de 27 maîtrises d’ouvrage, opérations ou fournisseurs de matériaux de réemploi.
Parmi les matériaux « star » de cette édition : les sanitaires, le bois, le carrelage et la faïence, les faux-plafonds et les éléments électriques.
Les matériaux évoqués au cours de cette matinée transiteront bientôt entre plusieurs opérations emblématiques du territoire : le Centre d’animation du Grand Parc, la Caserne B, IKOS – le futur village du réemploi –, les Galeries Lafayette, des programmes de logements sociaux portés par Aquitanis, Gironde Habitat ou Domofrance, ainsi que plusieurs projets de La FAB.
Autant de dynamiques qui démontrent que le réemploi se construit aussi grâce aux rencontres, à l’anticipation et à la coopération entre les acteurs de la filière.
Cet atelier de synergie a été organisé par le GPV Rive Droite grâce au soutien de l’ADEME Nouvelle-Aquitaine, de la Région Nouvelle-Aquitaine et de Bordeaux Métropole, ainsi que l’appui de Nouvel’R 33 et de Technowest pour l’animation des échanges sur les tables.
Si vous êtes intéréssé·es pour participer aux prochains ateliers, vous pouvez manifester votre intérêt en écrivant un mail à Oriane Hommet, Cheffe de projet économie circulaire : prenom.nom@gpvrivedroite.fr
