Pour Emmanuelle Cosse, présidente de l’Union Sociale pour l’Habitat (organisatrice du congrès) :
« Préparer 2032 commence aujourd’hui. Le prochain quinquennat devra être utile, mais les huit mois qui viennent doivent l’être tout autant. Le logement social constitue une politique d’intérêt général indispensable à la cohésion nationale. Pour répondre à une crise qui touche désormais près de trois millions de demandeurs, le Mouvement Hlm appelle à retrouver un État stratège, financeur, régulateur et facilitateur, capable d’inscrire la politique du logement dans la durée et d’agir dès maintenant. ».
Face à l’accélération des conséquences du changement climatique et suite à un été particulièrement éprouvant en la matière, entre canicule, sécheresse et mégafeu en Gironde, les enjeux de résilience, entre adaptation et atténuation, étaient au cœur des débats.
Adapter les quartiers en renouvellement urbain au changement climatique

Le GPV était invité sur le stand de la Direction Générale de l’Aménagement, du Logement et de la Nature, aux côtés de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), de l’Union Sociale pour l’Habitat (USH) et de l’OPH de Bordeaux Métropole, Aquitanis, pour une émission en direct de la radio Territoria portant sur les défis à relever pour adapter les quartiers en renouvellement urbain face au changement climatique.
Romain Viault, notre chef de projet urbain, a présenté les actions portées par le GPV pour accompagner le territoire de la Rive Droite (Bassens, Lormont, Cenon et Floirac) sur ces sujets. Il a notamment évoqué deux outils réalisés ces dernières années pour accompagner les maîtres d’ouvrage locaux dans la transformation durable des quartiers :
- Le pacte pour un urbanisme résilient (nouvelle fenêtre)(2024) organisé autour de huit grands défis auxquels le territoire du GPV doit faire face, et qui constitue la base d’un référentiel d’actions concrètes à mettre en œuvre.
- Le guide sur la résilience du patrimoine bâti (2026) expose quant à lui une série de dispositifs low-tech existants pour lutter contre l’inconfort thermique d’été, organisés autour de trois objectifs : limiter les apports solaires, ventiler et évacuer la chaleur, végétaliser le bâtiment et ses abords.
Ces documents font écho aux cinq carnets dédiés à l’adaptation des quartiers prioritaires aux conséquences du changement climatique, publiés par l’ANRU en juin 2026, présentés lors de l’émission.
A noter trois autres outils à explorer :
- Plus fraîche ma ville développé par l’ANRU en collaboration avec l’ADEME pour trouver, évoluer et budgétiser des solutions de rafraîchissement.
- Climadiag de Météo-France pour anticiper les conséquences du changement climatique sur sa ville
- Adaptaville développé par l’agence parisienne pour le climat qui présente des solutions d’adaptation.
Carte blanche au GPV sur le stand de l’École du Renouvellement Urbain

Le GPV était également invité sur le stand de l’École du Renouvellement Urbain (ERU) pour présenter trois démarches de transition écologique et de résilience qu’il coordonne sur son territoire.
1/ L’économie circulaire et le réemploi des matériaux du BTP au cœur des enjeux d’atténuation
En binôme avec Fred André, référent économie circulaire de l’ESH Domofrance, Maxime Derrien, directeur du GPV, est revenu sur les grandes étapes de structuration de la démarche d’économie circulaire sur la Rive Droite – de la signature d’une convention de recherche et de développement avec le bureau d’études Neo-Eco, en 2021, à la signature de la charte d’engagement métropolitaine en faveur de l’économie circulaire et du réemploi dans l’aménagement et la construction, en 2025. Le GPV accompagne 18 opérations pilotes (déconstruction, réhabilitation, construction, espaces publics), portées par cinq maîtrises d’ouvrage partenaires (Bordeaux Métropole, l’EPF Nouvelle-Aquitaine, Aquitanis, Mésolia et Eiffage Immobilier).
Fred André a évoqué les expérimentations portées par Domofrance : réemploi de sanitaires et autres équipements et matériaux issus des démolitions réalisées dans le cadre des opérations de renouvellement urbain, réutilisation de la terre crue excavée lors de chantier de construction…
En facilitant les synergies entre acteurs, les pouvoirs publics peuvent maximiser le réemploi des matériaux du BTP et agir ainsi en faveur de la décarbonation du secteur.
2/ Quartiers fertiles, pour une alimentation saine et durable, accessible à tous
Lors de cette deuxième séquence, Maxime Derrien, en binôme avec Jérôme Wernert, coordinateur de l’association VRAC Bordeaux, ont détaillé les actions menées dans les quartiers prioritaires dans le cadre du Projet Alimentaire Territorial de la Rive Droite, labellisé PAT de niveau 2 en 2024. Il a été question de l’installation de maraîchers sur des fonciers publics, afin d’augmenter la part des productions locales et bio dans la restauration collective publique, et du rôle des associations dans la lutte contre la précarité alimentaire, par la promotion auprès des publics d’un autre rapport à la consommation et à la santé.
Il en est ainsi du projet Popote Story porté par VRAC Bordeaux avec de multiples partenaires publics (le Fonds pour l’innovation sociale, quatre bailleurs sociaux, la Région Nouvelle-Aquitaine, trois villes du GPV et le GPV lui-même) : des ateliers sont proposés aux habitant·e·s pendant cinq mois, dans lesquels sont abordés divers thèmes : le goût, alimentation et santé, agriculture et autonomie alimentaire, empreinte carbone de l’alimentation…. A l’issue du projet, un temps public de restitution est organisé : concours de cuisine (2023), diffusion du court-métrage produit avec les habitant·e·s sur les idées reçues autour de l’alimentation (2024) ou exposition autour de la lentille (2025).
3/ Le confort thermique d’été, un enjeu de santé publique et d’habitabilité de nos quartiers

En binôme avec Virginie Tison, Responsable du pôle Patrimoine bâti, chez Aquitanis, Romain Viault, chef de projet Urbain au GPV a exposé les dispositifs low tech favorisant le confort thermique d’été, présentés dans le guide sur la résilience du patrimoine bâti réalisé par le GPV en 2026. Virginie Tison a mis l’accent sur les expérimentations portées sur le territoire et leurs impacts à travers l’exemple du projet de rénovation de la résidence Jules Verne sur le quartier en renouvellement urbain de Dravemont à Floirac.
Les acteurs du logement, tout comme les collectivités territoriales engagées dans ces démarches, cherchent aujourd’hui à amplifier et massifier ces actions d’adaptation du patrimoine bâti pour garantir l’habitabilité des quartiers face aux effets du changement climatique.
